Il n’y a pas à dire, en plus d’avoir une bonne tête, le lit est assez confortable pour nous offrir une bonne nuit de sommeil. Après un petit déjeuner pris avec une vigueur de marmotte, nous partons en direction de l’île à l’est du Delta, terminus d’une des lignes de métro, pour visiter un peu cette partie de la ville.
Le premier détour se fait par le cimetière : surprise, au lieu d’un classique cimetière, on tombe dans une vraie petite jungle, où les pierres tombales jouent à cache-cache avec les arbres et les fougères. Certaines semblent vieilles comme le monde, croix de pierre ou de fer rouillé décrépies, et d’autres au contraire sont d’immenses blocs de marbres aux visages des défunts joliment sculptés dans la pierre.
Le temps de traverser cette forêt et on retourne sous l’accablante chaleur estivale, traversant les artères à la recherche d’un peu d’ombre et d’un moyen de nous restaurer. On opte finalement pour un « fast food » local qui sert des blinis (crêpes) à toutes les sauces, et à l’aide d’un menu en anglais (argh mes connaissances de russe) nous commandons deux blinis fourrés – jambon champignons pour monsieur, poulet-fromage-bacon salade pour moi – et deux autres sucrés – cowberries et chocolat chaud – pour accompagner tout ça. Délicieux. Repus et reposés, nous repartons à l’assaut des interminables rues sous un soleil de plomb, ne nous arrêtant que brièvement chez un suspicieux disquaire vendant des greatest hits « maison », avant de rejoindre la rive de la Neva. Le soleil nous cuit littéralement jusqu’à l’arrivée au musée de zoologie, notre objectif premier.
A l’intérieur, un immense couloir rempli d’un nombre impressionnant de créatures empaillées ou prisonnières du formol. Tout le règne animal est présent, en passant par les tigres, les mammouths, les castors, les pingouins, les poissons, plus d’oiseaux que l’on arrive à en retenir, et même des choses plus étranges comme différents type de vers et parasites, parfois avec dessin ou photo de leur mode opératoire. Toutes les explications sont en russe mais les mises en scène suffisent à faire apprécier le spectacle. L’un des mammouths est le plus vieux jamais découvert. Il serait âgé de 45000 ans et serait mort en tombant en arrière dans un trou et en y restant coincé. Pas de chance :D
Après l’interlude animalier, petit tour au bout de l’île, où se trouvent deux « flèches » représentant des allégories des 4 grandes rivières de Russie. Sur la pelouse, les mariées se concurrencent pour avoir le meilleur spot à photos (au moins 4 en lice) et un peu plus loin, tout le monde est appuyé contre les coins d’ombre du parapet pour regarder la course de bateaux qui se déroule au milieu du delta. En prime de la course, une belle vue sur le palais d’hiver et la forteresse Pierre et Paul nous incite à nous asseoir également sur le muret pour nous reposer un peu. Puis départ à nouveau, direction le pont qui rejoint l’Ermitage.
Nono insiste pour prendre une photo en plein milieu de la place du palais, où il n’y a pas un brin d’ombre, et on s’inflige le détour avant de reprendre le boulevard Nievski, où se situe la station de métro la plus proche. Dans un magasin de souvenirs, nous trouvons une jolie poupée russe, ainsi qu’un livre que je cherchais (La voiture du paradis, de Mikhaïl Ouspenski) et que je vais sûrement bien lutter à lire, plus un lot de cartes postales design que je verrais bien aux murs de l’appart.
Avant d’arriver au métro, nous croisons la cathédrale Notre Dame de Kazan, sorte de réplique de monument romain en arc de cercle avec une centaine de colonnes. L’intérieur est clinquant, typique des édifices religieux russes, chargé en or et en icônes de tous poils. Icônes qu’une impressionnante foule de fidèles admire avec déférence, nous mettant presque mal à l’aise. Dehors, un mendiant flanqué de mignons lapins a le droit à notre petite monnaie ; ici, les SDF et invalides ne bénéficient presque d’aucune aide du gouvernement et il est normal de les gratifier de sa petite monnaie (1 rouble vaut 0,025€, je vous laisse imaginer la valeur de 10 kopeks).
Le trajet en métro est un bonheur pour nos petites jambes et un arrêt à la boulangerie (ça ne manque bien qu’à Helsinki…) pour un pain et deux tartelettes aux fraises plus tard, je m’écroule sur le lit pour une sieste bien méritée. Flanquée d’un mal de tête (la faute au manque de casquette ?), nous ressortons pour quelques courses à 21h (les magasins ferment aux environs de 23h), de quoi préparer un bon petit plat de pelmenis (raviolis à la viande) sibériens accompagnés d’adjika (sauce tomate pimentée) et crème fraîche.
Soirée glandouille à l’appartement pour conclure la journée en beauté, et demain… l’Ermitage ?
Et pour plus de photos, c'est toujours ici :
| Saint Petersburg |


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