L’objectif « on se lève tôt pour partir tôt » est à demi réussi : on se lève tôt, mais entre la chaleur, la tête dans le pâté et tout, on n’arrive à l’Ermitage que vers 11h30. Une queue immense nous accueille – il ne reste plus qu’à prendre son mal en patience. Au moins, la façade du palais est plutôt jolie, et on a la chance de pouvoir rester à l’ombre. Comme nous, les célèbres matous de l'Ermitage (sur lesquels on a vu un passionnant reportage il y a quelques années) font leur toilette à l'ombre avant de s'éclipser dans les sous-sols du bâtiment.
A l’intérieur, même combat : plein de monde et des panneaux de tous les côtés. Nono meurt d’envie de vous raconter en détail tous les merveilleux objets qui l’ont fasciné dans ce musée et dieu merci, je vais enfin pouvoir prendre une douche.
A l’intérieur, même combat : plein de monde et des panneaux de tous les côtés. Nono meurt d’envie de vous raconter en détail tous les merveilleux objets qui l’ont fasciné dans ce musée et dieu merci, je vais enfin pouvoir prendre une douche.
On choisit de commencer par l’Egypte Antique où quelques sarcophages et de nombreuses babioles échappées des pyramides sont présentés. On peut même regarder de près une vraie momie, toute recroquevillée sur elle-même. Quelques pièces plus loin, nous voilà déjà rendus dans l’Antiquité, entourés de toutes parts par des statues de divinités grecques ou romaines. Certaines ont des positions rigolotes comme « je passe mon bras par-dessus mon pote l’aigle » ou encore « je file à manger à mon serpent qui se marre ». Entre les statues on peut aussi trouver pas mal de poteries avec des gens tous nus qui ont des façons étranges de se battre, mais l’autre point impressionnant reste l'architecture du musée elle-même. En effet, l’Ermitage se situe dans le Palais d’Hiver ce qui nous fait presque autant regarder les splendides pièces et leur plafond décoré que les œuvres exposées dans le musée.
Une fois arrivés au bout de l’Antiquité, il faut monter au 2e étage mais les gargouillements de nos ventres nous poussent à rebrousser chemin pour casser la croûte sur une des tables du café qui se trouve à l’entrée du musée. Au menu : les restes de la demi-tonne de nourriture que l’on a achetée au marché couvert la veille. Une fois repus, un petit détour par la salle consacrée à l’Ancien Proche-Orient et nous prenons les magnifiques escaliers pour le 2e étage où se trouve l’art Européen du XVe au XVIIIe siècle.
En gros, on peut résumer cela à beaucoup de pièces remplies de tableaux, entrecoupées d’autres pièces qui montrent les décorations intérieures du palais. Les pièces sont toujours plus belles les unes que les autres, tantôt jaunes, tantôt bleues et très souvent avec du doré un peu partout. Au niveau des tableaux, rien de très surprenant, le tout reste assez comparable au Louvre, le décor en plus. Les peintures italiennes représentent majoritairement des scènes religieuses, les toiles Françaises des portraits, des natures mortes ou des scènes de la vie courante et les autres nationalités (Hollandaises, Espagnoles, Allemandes,…) un mélange de tout. Un autre point positif de l’Ermitage : les œuvres sont assez espacées les unes des autres, ce qui évite le fatiguant piétinement que l’on doit généralement adopter dans les musées. Ça reste tout de même fatiguant et une petite pause sur un des bancs disponibles est toujours la bienvenue (le musée est immense !). De nombreuses armures sont aussi à admirer dans la pièce des Chevaliers, vraiment très chouettes, et je me demande pourquoi les gars passaient autant de temps à confectionner des armures aussi jolies alors qu’elles ne serviront quasiment qu’à se coller des grands coups d’épées dans la poire avec les gars d’à coté.
Après cette débauche de vaisselle rococo, des peintures d’aristocrates et de sculptures d’anges, direction le 3e et dernier étage du musée. Premier escalier monté : l’art Byzantin ou l’art de peindre des femmes à mono-sourcil. La collection devrait rejoindre le reste des œuvres de l’étage mais bien entendu, cette fois-ci, la liaison est fermée. Du coup, re-descente au 2e étage ; on suit le couloir de vieilles tapisseries (qui puent un peu), mini-détour sur une expo temporaire de vitraux suisses, puis nouvel escalier, re-3e étage et, enfin, la suite.
Première étape : l’art japonais. Ça, c’est un truc qui nous plait : des katanas, des armures de samouraïs, des estampes, tout est là. Juste après, l’art indien avec ses statues de dieux indous à la morphologie improbable. Nous avons tous les deux un petit faible pour Ganesh, le Dieu à tête d’éléphant.
Dernière partie de notre périple culturel : la peinture française moderne. A ce moment, je sens que j’ai déjà un peu perdu Lily qui a mal aux pieds et est fatiguée. Je la dépose sur un banc pour faire le tour tout seul. Picasso, Matisse, Gauguin, Botero se succèdent. N’étant pas non plus un grand connaisseur, je me contente de passer rapidement entre chaque avant de retourner voir la miss pour traverser en vitesse les quelques pièces restantes (la promesse d’un ascenseur au bout aidant). Enfin, dehors !
Me revoilà. Fini les musées pour aujourd’hui, c’est définitif. On traverse la rue des millionnaires, bordée d’anciens immeubles plutôt classes mais pas autant qu’espéré. Au bout de celle-ci, le champ de mars – qui au lieu du parc qu’on espérait n’est qu’une petite étendue d’herbe et de terre, sans beaucoup d’ombre. On s’arrête le temps d’un break sur un des rares bancs à l’ombre avant de repartir vers la cathédrale bonbon (St Sauveur Sur Le Sang ça fait trop pompeux), qui est fermée malheureusement. Un peu plus loin, je repère sur le plan la place des arts ; une fois de plus, ce n’est qu’un petit parc avec une statue au centre.
Pause au café, on en teste un nouveau pour une fois (par manque de courage de se refaire Nevski prospekt, j’avoue), pas si mal. Puis plus le courage pour les boutiques alors hop, au métro, direction la maison.
Une petite galerie près de l’appart attire notre attention et on perd quelques minutes à faire le tour d’un libraire disquaire aux rayons pas si fournis, où je craque pour un jeu (en russe sûrement) à défaut de trouver le CD que je cherche. Puis détour par le supermarché découvert hier pour faire des stocks d’eau et là, surprise, pas de petite supérette mais un vrai supermarché bien fourni. On regrette de ne pas l’avoir découvert plus tôt et en profite pour acheter de super yaourts français (ceux dans les pots en terre cuite, genre La laitière), des gâteaux, du thé, de la vodka… de quoi survivre pour les jours qui restent.
Une flemme de cuisiner nous pousse après la sieste du soir à traverser la rue pour aller manger à la maison du blini, recommandée par notre guide s’il vous plaît. Il n’y a pas à dire, les blinis sont bons, on mange comme quatre (et je pique le dernier blini 4 fromages à Nono, sans le savoir pour ma défense), le décor est super typique, bref, tout aurait été parfait s’il ne faisait pas 4 millions de degrés (un de plus que dehors, vous remarquerez) et qu’on ne transpirait pas comme des bœufs. Il fait presque frais dehors. Mouarf.
Détail intéressant, les Russes aiment que leurs voitures fassent du bruit. Ils aiment klaxonner, ils aiment que l’ouverture centralisée fasse pilipipiiiipiiiipiiii et que leur alarme fasse piouuupiouuuupiouuuu très longtemps dès qu’on effleure leur véhicule. Ils aiment aussi les enfants qui pleurent, les gens qui crient… bref, c’est plein de vie, plein de bruit, et si on ne devait pas ouvrir les fenêtres le matin pour aérer, j’avoue que je m’en passerai bien.
Et pour plus de photos, c'est toujours ici :
| Saint Petersburg |


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