Les réveils sont de plus en plus difficiles et une fois encore, on ne décolle que tard dans la matinée pour notre dernière visite de la semaine. Comme d’habitude, notre premier arrêt se fait à Gostiny Dvor, direction le petit restaurant caucasien près du joli cinéma du premier jour. La salle est vide lorsqu’on s’installe, fraîche car un peu en sous-sol, et sur fond d’un vieux film russe contemplatif, on déguste un bœuf stroganoff (Nono) et une omelette au poulet (moi) arrosés de bière/vin de grenade. C’est la dernière occasion pour un peu de shopping, et une petite boutique pleine d’objets de déco, de jardins zen, de carillons japonais et de sets de vaisselle mignons me fait baver, mais Nono me tire hors de ce lieu de tentation pour que l’on rejoigne notre destination, l’Amirauté. Le bâtiment se trouve dans un petit parc, où des gens se promènent dans la fontaine pour se rafraîchir. Il fait un peu moins chaud que les autres jours, le ciel est couvert mais l’air est lourd et je regrette de ne pas avoir mis un short pour faire de même.
Un peu plus loin, l’église St Isaac se dresse devant nous, très classe avec ses colonnes et ses anges de bronze. On achète un billet pour visiter et l’intérieur est à la hauteur de l’extérieur, rien de très clinquant mais beaucoup de grandes peintures et de marbres différents. Une exposition sur l’architecte français qui l’a construite nous en apprend un peu plus sur l’édifice et une fois sortis, une surprise nous accueille : la pluie ! Un orage se déchaîne, sortant le grand jeu avec le tonnerre et les éclairs, et nous bravons courageusement le déluge pour atteindre l’entrée de la colonnade. Dans un immense regain de courage, je m’enfile les 260 marches sans m’arrêter, et la vue du sommet récompense cet effort. Malgré la grisaille, on voit toute la ville s’étendre devant nous, et Nono prend une bonne centaine de photos pour immortaliser l’instant. La descente est moins dure que la montée et on se retrouve rapidement dehors, toujours sous la pluie.
Soit, on traverse la place pour jeter un œil à l’intérieur du manège de la garde, qui ne semble abriter qu’une exposition temporaire d’art. Les statues à l’entrée sont plus intéressantes que le reste, démontrant une étrange passion pour les détails génitaux (animaux et humains) des sculpteurs de l’époque. Bah.
L’orage reprend de la force et on s’abrite le long du bâtiment en attendant l’accalmie, mangeant des cerises et jouant à lancer les noyaux dans le mini-torrent que forme la gouttière. Un peu plus loin se trouve la poste centrale, qui selon notre guide mérite le coup d’œil, et nous ignorons le sol trempé pour y aller. Si le coup d’œil est mérité, le coup de nez, lui, est plus que superflu. Une horrible odeur d’ammoniaque flotte dans tout le bâtiment et on ressort bien vite de l’endroit pour prendre l’air. La pluie a cessé et on se dirige lentement vers la nouvelle Hollande, les pieds fatigués par la longue semaine qui a précédé.
La nouvelle Hollande est un îlot à l’ouest du centre, sur lequel trône un vieil entrepôt désaffecté. Le lieu pourrait être très beau s’ils le rénovaient mais pour l’instant, le paysage est un peu décevant. Au loin, on aperçoit le toit étoilé de l’église qu’on a manqué lors de la visite de la cathédrale des trans de la transfiguration et un nouvel élan de courage (ouah) nous pousse à y aller. Comme toujours avec cette ville, ce qui a l’air proche ne l’est jamais, et on traverse à nouveau la place des théâtres et une grande partie du quartier avant de voir enfin l’église se dresser devant nous. Le mystère plane sur son nom et son genre, dont pas un panneau ni une page de notre guide ne parle. Chers lecteurs, c’est votre chance : le premier qui trouve de quoi il s’agit gagne une carte postale !
On s’arrête pour prendre un thé dans un « fast food » de la même chaîne que celui où nous avions mangé des blinis le week-end dernier. Le service est mauvais au possible, et malgré 5 serveurs tassés derrière leur petit comptoir, il faut plus de 20 minutes d’attente avant d’obtenir un thé et une crêpe au lait concentré. Et il n’y a même pas la clim !
La petite pause nous fait tout de même du bien et nous repartons un peu plus légers en direction de la station de métro, pour une fois à moins de 3 kilomètres de l’endroit où l'on se trouve. Un dernier détour au supermarché près de l’appart avant de rentrer nous permet d’acheter de quoi manger le lendemain et quelques yaourts et biscuits à rapporter en Finlande. Mes délicieux Yoplait à l’ancienne sont en rupture de stock et je dois me contenter de yaourts russes, snif.
La sieste du soir est encore au programme, et c’est un peu dans les choux qu’on s’extrait de l’appartement pour notre dernière sortie resto, direction le japonais du coin de la rue. L’ambiance est très sympa, en bois et bambou, et la carte à l’air prometteuse. On commence par des crevettes tempura, bonnes, puis sushis, assez classiques, et sashimi d’anguille. L’anguille est un peu trop molle et les sushis pas très goûteux mais okay. Les brochettes sont une autre paire de manches : poulet, saumon, calamar… pourquoi pas. Rognons et langue de bœuf, j’avoue que ça surprend – je connais quelques japonais qui se retourneraient dans leur tombe ! Nono n’est pas emballé par le dîner mais j’ai bien aimé, et on part pour un petit tour du quartier avant de rentrer faire les valises et dormir.
Le matin suivant, réveil-petit-déjeuner-recouchage de rigueur, puis on se secoue pour boucler les dernières valises et faire un peu de ménage. Comme attendu, on a trop de choses pour tout faire rentrer dans nos bagages, mais on s’en sort quand même. Pour déjeuner, nous dégustons les Manti (raviolis géants à la viande ou au potiron) achetés la veille, puis bouinage à l’appart avant l’arrivée de notre loueur. Il ne jette pas un seul œil à l’état de l’appartement et part se faire un thé pendant qu’on endosse nos sacs ; heureusement qu’on ne s’est pas trop fatigué pour le ménage. Et maintenant, nous voilà dans le coffee house du haut de la rue, à attendre l’heure de notre train en tapant cet article, deux capuccino ice pour nous rafraîchir. Au revoir Saint-Pétersbourg !
Et pour plus de photos, c'est toujours ici :

