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Aventures dans le grand Nord

Sushi... langue de boeuf ?
jour 8 et fin

Les réveils sont de plus en plus difficiles et une fois encore, on ne décolle que tard dans la matinée pour notre dernière visite de la semaine. Comme d’habitude, notre premier arrêt se fait à Gostiny Dvor, direction le petit restaurant caucasien près du joli cinéma du premier jour. La salle est vide lorsqu’on s’installe, fraîche car un peu en sous-sol, et sur fond d’un vieux film russe contemplatif, on déguste un bœuf stroganoff (Nono) et une omelette au poulet (moi) arrosés de bière/vin de grenade. C’est la dernière occasion pour un peu de shopping, et une petite boutique pleine d’objets de déco, de jardins zen, de carillons japonais et de sets de vaisselle mignons me fait baver, mais Nono me tire hors de ce lieu de tentation pour que l’on rejoigne notre destination, l’Amirauté. Le bâtiment se trouve dans un petit parc, où des gens se promènent dans la fontaine pour se rafraîchir. Il fait un peu moins chaud que les autres jours, le ciel est couvert mais l’air est lourd et je regrette de ne pas avoir mis un short pour faire de même.



Un peu plus loin, l’église St Isaac se dresse devant nous, très classe avec ses colonnes et ses anges de bronze. On achète un billet pour visiter et l’intérieur est à la hauteur de l’extérieur, rien de très clinquant mais beaucoup de grandes peintures et de marbres différents. Une exposition sur l’architecte français qui l’a construite nous en apprend un peu plus sur l’édifice et une fois sortis, une surprise nous accueille : la pluie ! Un orage se déchaîne, sortant le grand jeu avec le tonnerre et les éclairs, et nous bravons courageusement le déluge pour atteindre l’entrée de la colonnade. Dans un immense regain de courage, je m’enfile les 260 marches sans m’arrêter, et la vue du sommet récompense cet effort. Malgré la grisaille, on voit toute la ville s’étendre devant nous, et Nono prend une bonne centaine de photos pour immortaliser l’instant. La descente est moins dure que la montée et on se retrouve rapidement dehors, toujours sous la pluie.



Soit, on traverse la place pour jeter un œil à l’intérieur du manège de la garde, qui ne semble abriter qu’une exposition temporaire d’art. Les statues à l’entrée sont plus intéressantes que le reste, démontrant une étrange passion pour les détails génitaux (animaux et humains) des sculpteurs de l’époque. Bah.



L’orage reprend de la force et on s’abrite le long du bâtiment en attendant l’accalmie, mangeant des cerises et jouant à lancer les noyaux dans le mini-torrent que forme la gouttière. Un peu plus loin se trouve la poste centrale, qui selon notre guide mérite le coup d’œil, et nous ignorons le sol trempé pour y aller. Si le coup d’œil est mérité, le coup de nez, lui, est plus que superflu. Une horrible odeur d’ammoniaque flotte dans tout le bâtiment et on ressort bien vite de l’endroit pour prendre l’air. La pluie a cessé et on se dirige lentement vers la nouvelle Hollande, les pieds fatigués par la longue semaine qui a précédé.



La nouvelle Hollande est un îlot à l’ouest du centre, sur lequel trône un vieil entrepôt désaffecté. Le lieu pourrait être très beau s’ils le rénovaient mais pour l’instant, le paysage est un peu décevant. Au loin, on aperçoit le toit étoilé de l’église qu’on a manqué lors de la visite de la cathédrale des trans de la transfiguration et un nouvel élan de courage (ouah) nous pousse à y aller. Comme toujours avec cette ville, ce qui a l’air proche ne l’est jamais, et on traverse à nouveau la place des théâtres et une grande partie du quartier avant de voir enfin l’église se dresser devant nous. Le mystère plane sur son nom et son genre, dont pas un panneau ni une page de notre guide ne parle. Chers lecteurs, c’est votre chance : le premier qui trouve de quoi il s’agit gagne une carte postale !



On s’arrête pour prendre un thé dans un « fast food » de la même chaîne que celui où nous avions mangé des blinis le week-end dernier. Le service est mauvais au possible, et malgré 5 serveurs tassés derrière leur petit comptoir, il faut plus de 20 minutes d’attente avant d’obtenir un thé et une crêpe au lait concentré. Et il n’y a même pas la clim !

La petite pause nous fait tout de même du bien et nous repartons un peu plus légers en direction de la station de métro, pour une fois à moins de 3 kilomètres de l’endroit où l'on se trouve. Un dernier détour au supermarché près de l’appart avant de rentrer nous permet d’acheter de quoi manger le lendemain et quelques yaourts et biscuits à rapporter en Finlande. Mes délicieux Yoplait à l’ancienne sont en rupture de stock et je dois me contenter de yaourts russes, snif.

La sieste du soir est encore au programme, et c’est un peu dans les choux qu’on s’extrait de l’appartement pour notre dernière sortie resto, direction le japonais du coin de la rue. L’ambiance est très sympa, en bois et bambou, et la carte à l’air prometteuse. On commence par des crevettes tempura, bonnes, puis sushis, assez classiques, et sashimi d’anguille. L’anguille est un peu trop molle et les sushis pas très goûteux mais okay. Les brochettes sont une autre paire de manches : poulet, saumon, calamar… pourquoi pas. Rognons et langue de bœuf, j’avoue que ça surprend – je connais quelques japonais qui se retourneraient dans leur tombe ! Nono n’est pas emballé par le dîner mais j’ai bien aimé, et on part pour un petit tour du quartier avant de rentrer faire les valises et dormir.



Le matin suivant, réveil-petit-déjeuner-recouchage de rigueur, puis on se secoue pour boucler les dernières valises et faire un peu de ménage. Comme attendu, on a trop de choses pour tout faire rentrer dans nos bagages, mais on s’en sort quand même. Pour déjeuner, nous dégustons les Manti (raviolis géants à la viande ou au potiron) achetés la veille, puis bouinage à l’appart avant l’arrivée de notre loueur. Il ne jette pas un seul œil à l’état de l’appartement et part se faire un thé pendant qu’on endosse nos sacs ; heureusement qu’on ne s’est pas trop fatigué pour le ménage. Et maintenant, nous voilà dans le coffee house du haut de la rue, à attendre l’heure de notre train en tapant cet article, deux capuccino ice pour nous rafraîchir. Au revoir Saint-Pétersbourg !

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Macho Tomatcho !
jour 7

Petite journée (pour de vrai) cette fois-ci. La matinée passe lentement entre geekage et bouinage dans l’appart, et lorsqu’on sort aux environs de midi, monsieur a déjà faim. Direction Gostiny Dvor (la station de métro du centre) puis au nord, du côté du palais d’hiver, où se trouve un petit restaurant typique (ouais, il y a plein de trucs typiques, c’est fou) qui sert des sortes de tourtes briochées fourrées sucrées et salées. On se partage une tourte aux champignons (yummy) et une lemon curd (un peu amère mais yummy aussi) avant de repartir, direction le jardin d’été et son palais, notre grande visite de la journée.






Avant ça, on s’arrête tout de même pour visiter la (fameuse) cathédrale bonbon, devant laquelle se massent les cars de touristes. A l’intérieur, des mètres carrés de mosaïques recouvrent les murs et plafonds, une décoration bien originale face aux habituels ornements dorés que l’on voit dans toutes ses semblables. On prend des photos d’un peu tout (des petites têtes se cachent dans les recoins des plafonds) et les images avant/après de la rénovation, exposées dans l’entrée, sont impressionnantes. Saint Sauveur sur le Sang … le sang des pauvres poseurs de mosaïques à mon avis !



La route vers le jardin d’été est longue sous le soleil de plomb – on fait un premier détour par le parc Mikhailovitch, en quête d’ombre, puis un autre par l’est pour passer devant l’académie des arts (grandiose), une petite église, et une fois le pont traversé, on se rend compte que le jardin est fermé depuis un an déjà pour rénovation. Damnit !



Une pause de désespoir plus tard, on repart vers l’est en suivant la Neva, direction la cathédrale de la Transfiguration. Des travaux, du soleil, de la chaleur… même galère que d’habitude. On passe devant une arche chinoise, très belle, mais malheureusement lieu de squat des ivrognes du coin. Quel gâchis…



Au détour d’une rue apparaît la cathédrale. L’extérieur est assez clinquant, l’intérieur habituel de ce qu’on voit depuis une semaine. On poursuit vers l’est, direction le jardin des Taurides, où l’on espère profiter d’un coin d’herbe à l’ombre pour se reposer. Au final, celui qu’on trouve a pour occupant un oiseau mort, et on délaisse l’herbe (un parterre de mauvaises herbes terreux plutôt que de l’herbe d’ailleurs) pour un banc sur une colline surplombant le lac (aux airs d’étang géant). Je sieste sur les genoux de Nono, qui regarde avec intérêt les pigeons draguer, avant qu’on ne décide de repartir, direction l’appart. Pas de restaurant ce soir, la fin des pelmenis (raviolis à la viande) sibériens nous attend au frigo avec un reste de crème fraîche et de sauce piquante Macho Tomatcho. 

On en profite aussi pour jouer à St Pétersbourg, le jeu que Nono tenait tant à acheter ici, et en bidouillant un peu les règles (c’est ça quand on ne sait pas lire…) je lui mets une pâtée historique. I am the master of St Petersburg!

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Au palais des matous
jour 6

L’objectif « on se lève tôt pour partir tôt » est à demi réussi : on se lève tôt, mais entre la chaleur, la tête dans le pâté et tout, on n’arrive à l’Ermitage que vers 11h30. Une queue immense nous accueille – il ne reste plus qu’à prendre son mal en patience. Au moins, la façade du palais est plutôt jolie, et on a la chance de pouvoir rester à l’ombre. Comme nous, les célèbres matous de l'Ermitage (sur lesquels on a vu un passionnant reportage il y a quelques années) font leur toilette à l'ombre avant de s'éclipser dans les sous-sols du bâtiment.
A l’intérieur, même combat : plein de monde et des panneaux de tous les côtés. Nono meurt d’envie de vous raconter en détail tous les merveilleux objets qui l’ont fasciné dans ce musée et dieu merci, je vais enfin pouvoir prendre une douche.



On choisit de commencer par l’Egypte Antique où quelques sarcophages et de nombreuses babioles échappées des pyramides sont présentés. On peut même regarder de près une vraie momie, toute recroquevillée sur elle-même. Quelques pièces plus loin, nous voilà déjà rendus dans l’Antiquité,  entourés de toutes parts par des statues de divinités grecques ou romaines. Certaines ont des positions rigolotes comme « je passe mon bras par-dessus mon pote l’aigle » ou encore « je file à manger à mon serpent qui se marre ». Entre les statues on peut aussi trouver pas mal de poteries avec des gens tous nus qui ont des façons étranges de se battre, mais l’autre point impressionnant reste l'architecture du musée elle-même. En effet, l’Ermitage se situe dans le Palais d’Hiver ce qui nous fait presque autant regarder les splendides pièces et leur plafond décoré que les œuvres exposées dans le musée.



Une fois arrivés au bout de l’Antiquité, il faut monter au 2e étage mais les gargouillements de nos ventres nous poussent à rebrousser chemin pour casser la croûte sur une des tables du café qui se trouve à l’entrée du musée. Au menu : les restes de la demi-tonne de nourriture que l’on a achetée au marché couvert la veille. Une fois repus, un petit détour par la salle consacrée à l’Ancien Proche-Orient et nous prenons les magnifiques escaliers pour le 2e étage où se trouve l’art Européen du XVe au XVIIIe siècle.



En gros, on peut résumer cela à beaucoup de pièces remplies de tableaux, entrecoupées d’autres pièces qui montrent les décorations intérieures du palais. Les pièces sont toujours plus belles les unes que les autres, tantôt jaunes, tantôt bleues et très souvent avec du doré un peu partout. Au niveau des tableaux, rien de très surprenant, le tout reste assez comparable au Louvre, le décor en plus. Les peintures italiennes représentent majoritairement des scènes religieuses, les toiles Françaises des portraits, des natures mortes ou des scènes de la vie courante et les autres nationalités (Hollandaises, Espagnoles, Allemandes,…) un mélange de tout. Un autre point positif de l’Ermitage : les œuvres sont assez espacées les unes des autres, ce qui évite le fatiguant piétinement que l’on doit généralement adopter dans les musées. Ça reste tout de même fatiguant et une petite pause sur un des bancs disponibles est toujours la bienvenue (le musée est immense !). De nombreuses armures sont aussi à admirer dans la pièce des Chevaliers, vraiment très chouettes, et je me demande pourquoi les gars passaient autant de temps à confectionner des armures aussi jolies alors qu’elles ne serviront quasiment qu’à se coller des grands coups d’épées dans la poire avec les gars d’à coté.



Après cette débauche de vaisselle rococo, des peintures d’aristocrates et de sculptures d’anges, direction le 3e et dernier étage du musée. Premier escalier monté : l’art Byzantin ou l’art de peindre des femmes à mono-sourcil. La collection devrait rejoindre le reste des œuvres de l’étage mais bien entendu, cette fois-ci, la liaison est fermée. Du coup, re-descente au 2e étage ; on suit le couloir de vieilles tapisseries (qui puent un peu), mini-détour sur une expo temporaire de vitraux suisses, puis nouvel escalier, re-3e étage et, enfin, la suite.



Première étape : l’art japonais. Ça, c’est un truc qui nous plait : des katanas, des armures de samouraïs, des estampes, tout est là. Juste après, l’art indien avec ses statues de dieux indous à la morphologie improbable. Nous avons tous les deux un petit faible pour Ganesh, le Dieu à tête d’éléphant.



Dernière partie de notre périple culturel : la peinture française moderne. A ce moment, je sens que j’ai déjà un peu perdu Lily qui a mal aux pieds et est fatiguée. Je la dépose sur un banc pour faire le tour tout seul. Picasso, Matisse, Gauguin, Botero se succèdent. N’étant pas non plus un grand connaisseur, je me contente de passer rapidement entre chaque avant de retourner voir la miss pour traverser en vitesse les quelques pièces restantes (la promesse d’un ascenseur au bout aidant). Enfin, dehors !



Me revoilà. Fini les musées pour aujourd’hui, c’est définitif. On traverse la rue des millionnaires, bordée d’anciens immeubles plutôt classes mais pas autant qu’espéré. Au bout de celle-ci, le champ de mars – qui au lieu du parc qu’on espérait n’est qu’une petite étendue d’herbe et de terre, sans beaucoup d’ombre. On s’arrête le temps d’un break sur un des rares bancs à l’ombre avant de repartir vers la cathédrale bonbon (St Sauveur Sur Le Sang ça fait trop pompeux), qui est fermée malheureusement. Un peu plus loin, je repère sur le plan la place des arts ; une fois de plus, ce n’est qu’un petit parc avec une statue au centre.




Pause au café, on en teste un nouveau pour une fois (par manque de courage de se refaire Nevski prospekt, j’avoue), pas si mal. Puis plus le courage pour les boutiques alors hop, au métro, direction la maison.

Une petite galerie près de l’appart attire notre attention et on perd quelques minutes à faire le tour d’un libraire disquaire aux rayons pas si fournis, où je craque pour un jeu (en russe sûrement) à défaut de trouver le CD que je cherche. Puis détour par le supermarché découvert hier pour faire des stocks d’eau et là, surprise, pas de petite supérette mais un vrai supermarché bien fourni. On regrette de ne pas l’avoir découvert plus tôt et en profite pour acheter de super yaourts français (ceux dans les pots en terre cuite, genre La laitière), des gâteaux, du thé, de la vodka… de quoi survivre pour les jours qui restent.



Une flemme de cuisiner nous pousse après la sieste du soir à traverser la rue pour aller manger à la maison du blini, recommandée par notre guide s’il vous plaît. Il n’y a pas à dire, les blinis sont bons, on mange comme quatre (et je pique le dernier blini 4 fromages à Nono, sans le savoir pour ma défense), le décor est super typique, bref, tout aurait été parfait s’il ne faisait pas 4 millions de degrés (un de plus que dehors, vous remarquerez) et qu’on ne transpirait pas comme des bœufs. Il fait presque frais dehors. Mouarf.

Détail intéressant, les Russes aiment que leurs voitures fassent du bruit. Ils aiment klaxonner, ils aiment que l’ouverture centralisée fasse pilipipiiiipiiiipiiii et que leur alarme fasse piouuupiouuuupiouuuu très longtemps dès qu’on effleure leur véhicule. Ils aiment aussi les enfants qui pleurent, les gens qui crient… bref, c’est plein de vie, plein de bruit, et si on ne devait pas ouvrir les fenêtres le matin pour aérer, j’avoue que je m’en passerai bien.

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J'ai dit tchout-tchout !!
jour 5

Le plan de la journée était de ne pas trop se fatiguer en prévision de l’Ermitage demain (il revient sur le tapis celui-là). Alors plutôt que de crapahuter à l’autre bout de la ville, on reste dans le quartier, pour une matinée consacrée au musée Dostoievski et au marché couvert.

Le musée est petit mais sympa – frais déjà, un vrai bonheur –,  et les tableaux sont sous-titrés en anglais. On en apprend un peu plus sur sa vie, ses voyages en Europe, ses œuvres majeures… et au dernier étage, une reconstruction de son appartement avec fiches descriptives – en français s’il vous plait ! – nous permet de nous imaginer sa vie à l’époque.



De retour dans le désert dehors, on se faufile aussitôt dans les halles. Le marché n’est pas très grand, surtout occupé par des maraîchers et quelques poissonniers/bouchers au fond. Après un petit tour de rigueur, on choisit un étal (plus ou moins au pif) pour acheter quelques cerises. Le marchand nous force un peu la main pour en prendre 1 kilo, et des pèches, et un melon, et des pommes en cadeau… pfiou, ça commence fort. Pas envie de faire cuire quelque chose pour ce midi : nous nous dirigeons vers un étal de salades à composer soi-même. La vendeuse nous fait goûter TOUS ses produits (on n’a déjà presque plus faim), et interprète visiblement « tchout tchout » (un petit peu) par au moins 200 grammes. On en ressort avec une montagne de nourriture et j’ai dû me farcir la conversation en russe avec cette bavarde (et j’ai bien galéré) ; je crois que le marché, c’était la dernière fois.



L’appartement (aussi chaud et lourd que dehors) nous accueille le temps du déjeuner, et ce qui reste est réparti en 4 portions pour la fin de la semaine. Cet après-midi, on décide d’aller faire un tour vers la rue de Rossi. Le coin est plutôt beau, et n’étant pas bien fatigués, l’idée folle me prend d’aller jusqu’à la cathédrale St Nicolas, au sud ouest de la ville.



Lorsqu’on passe la dernière station de métro du coin, je sens déjà que c’était une idée débile. Dieu sait pourquoi, nos chers amis les russes ont décidé que mettre des stations de métro près des monuments est une mauvaise idée – c’est tellement plus marrant d’épuiser les touristes ! Et épuisés, on l’est presque en arrivant là-bas. Deux minutes de repos dans le parc adjacent avant de visiter brièvement la cathédrale, dont une grande partie est réservée aux fidèles.


On voit le toit bleu étoilé d’une autre cathédrale au loin mais nos pieds refusent le détour ; à la place, on se dirige vers la place des théâtres avec ses grandioses bâtiments. A ce point de la journée, notre seul objectif est de trouver un café où nous reposer et boire quelque chose de frais (l’eau de notre bouteille est horriblement chaude), et bien évidemment, il n’y en a aucun de potable à perte de vue.



Le retour à la station de métro se fait en grognant (une certaine personne aurait quelques difficultés avec les cartes) et finalement, on s’affale sur le canapé d’un Koffe House pour un cappuccino ice et thé glacé. Après cette pause bien méritée, on embarque pour le petit tour en métro quotidien, et, rendus à l’appart’, nous nous écroulons pour une sieste.

Il est plus de 20 heures lorsque l’on s’en extrait à nouveau, propres (mais ayant toujours chaud) pour une sortie restaurant. Le guide nous recommande celui à la locomotive (l'« Orient Express »), où l’on déguste deux steaks de bœuf et des fraises à la crème/une tarte aux cerises avant de vite revenir à l’appartement pour éviter les moustiques (je suis déjà à 14 piqûres, alléluia).



Je crois que quelqu’un a confondu kanikuli (vacances) et canicule, parce que dormir par cette chaleur est mission impossible, et à peine réveillés, on transpire déjà comme pas possible. Maigre consolation : c’est la même galère à Helsinki.

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Ca, c'est Fort !
jour 4

En effet, c’est raté. Il est dix heures passé lorsqu’on émerge d’une nuit difficile, et ouvrir les fenêtres ne fait que transformer l’appart' en petit sauna. Il n’est même pas midi. Misère.

Le petit déjeuner expédié, on se dirige vers la forteresse Pierre et Paul, notre excursion journalière. Il est plus de midi déjà mais Bruno n’a pas faim (coup de froid nocturne ? c’est tout de même un comble…), alors nous attaquons directement la visite. Après avoir pris la mauvaise direction, ce qui nous a permis d'admirer la splendide mosquée voisine, nous faisons demi-tour pour cette fois entrer dans la forteresse. Pour une fois, nos amis russes ont décidé de nous faire la vie facile : non seulement tout est indiqué en anglais, mais ils font même un billet combiné pour les différentes curiosités de la forteresse. Comme quoi, rien n’est encore perdu.



Nous commençons par la maison du commandant, où on été interrogés les rebelles Décembristes avant d’être condamnés à la prison du fort. De jolies pièces, un décor de bateau qui en jette un peu et des tableaux sympa, racontant divers faits plus ou moins intéressants du moyen âge jusqu’à aujourd’hui. Un petit documentaire sur la façon dont ils ont érigé l’obélisque de la place du palais (devant l’Ermitage) nous captive quelques minutes – surtout qu’il permet de s’asseoir !



La faim commence à se faire sentir mais on enchaîne avant sur la cathédrale St Pierre et Paul (c’est vite fait ces choses là). Bien qu’elle soit jolie, elle ne présente rien d’exceptionnel, si ce n’est les tombeaux en marbre austère de la famille impériale. L’intérieur est bondé de groupes de touristes de toutes nationalités et nous ressortons bien vite, loin des guides jouant à qui parlera le plus fort.



Les seuls points de restauration dans l’enceinte du fort sont un restaurant et un petit bistro, pour lequel on opte. Un repas sur le pouce bon et bon marché, l’occasion de s’asseoir un peu, et c’est parfait. Il est 15h30 et malgré mes petons fatigués (oui, j’ai les pieds fragiles, c’est moche mais c’est comme ça), on part pour faire le tour des remparts. Plutôt qu’un tour ce n’est qu’une partie de ceux-ci que l’on peut parcourir, et une fois descendus, nous faisons un arrêt dans une petite galerie d’art sous les remparts, profitant d’un peu de fraîcheur. Il fait toujours 3 millions de degrés – 2,5 à l’ombre, dure à trouver – et la moindre halte dans un endroit frais est un pur bonheur.



Pas de chance, aucun des autres bâtiments du fort n’est climatisé. Le prochain arrêt se fait au musée de l’histoire de la forteresse, où se trouvent des plans et autres documents datant de la construction de la forteresse, jusqu’à sa fonction aujourd’hui. La visite est brève et on enchaîne direct sur la prison nord. Petite déception, il ne s’agit que d’un enchaînement de cellules plus ou moins identiques, heureusement que quelques histoires de prisonniers célèbres apportent un peu d’animation. L’histoire de l’alphabet codé des prisonniers, exécuté en tapant du pied ou sur les barreaux des fenêtres, mérite aussi d’être retenue.



A ce moment, on est sérieusement crevé, et il reste encore le musée de la « conquête spatiale » russe. Heureusement, celui-ci est tout petit, pas très interactif et tout en russe. On le parcourt rapidement avant de trottiner jusqu’à la « plage » de cailloux qui borde la presqu’île où se situe la forteresse, impatients de tremper nos pieds dans l’eau.



Une fois ceux-là bien froids, demi-tour vers la station de métro, prochain arrêt : Gostiniy Dvor, un des « centres commerciaux » du centre. On fait un premier détour par une boutique de jeux de société locale, car Nono veut acheter le jeu St Pétersbourg (il paraît que c’est local), et on en profite pour se prendre Tortuga, un jeu de dames (ou presque) version tortues. Gostiniy Dvor est en fait une succession de mini boutiques chics, version Galeries Lafayette, et après avoir acheté un petit pendentif en ambre vert lumineux (d’autres m’avaient fait envie à Peterhof mais ils étaient trop gros), nous ressortons à la recherche d’un café pour poser nos fesses.



Non seulement nos fesses ont droit à un canapé en cuir, mais les deux cafés glacés (cappuccino sauce chocolat et latte caramel) apaisent notre soif et calment un peu la chaleur qui nous épuise. Une fois sorti, on reprend aussitôt le métro pour rentrer, ne s’accordant qu’un bref arrêt pour quelques courses avant d’aller nous reposer à l’appartement.



Espérons que les moustiques nous épargnerons cette fois-ci, et qui sait, peut-être qu’il ne fera que 2 millions de degrés demain ?

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Versailles-sur-Mer
jour 3

C’est officiel : le lit nous empêche de nous lever de bonne heure. Du coup, le temps d’avaler un petit déj’ rapide, de prendre une douche et de se préparer, il est déjà midi. Comme tous les monuments et musées ferment à 17h, pas de temps à perdre. Direction le métro puis l’Ermitage. Mais l’Ermitage lui-même attendra. Aujourd’hui, c’est finalement une visite de Peterhof qui est prévue.

Peterhof, comme notre guide le dit si bien, c’est « Versailles-sur-mer ». Mais pour y aller, il faut soit prendre un minibus pour un trajet de 50 minutes (avec l’écrasante canicule qui règne dehors et après avoir vu à quoi ressemblaient les minibus, no way) ou prendre un hydroglisseur pendant une demi-heure et profiter de l’air marin. Pas besoin de vous faire de dessin, vous avez deviné vers quoi nous nous sommes dirigés. L’embarcadère est juste derrière l’Ermitage, et après avoir attendu de longues minutes en plein soleil pour atteindre la caisse, nous prenons nos billets. Le prochain trajet est déjà complet, on nous donne donc des tickets pour celui de 13h, en nous indiquant qu’il partira de « derrière les gros bateaux » avec un vague signe de la main. Après avoir demandé confirmation à une deuxième hôtesse pour être certains d’où le bateau partait (avec le non-niveau d’anglais des gens du coin, mieux vaut confirmer plusieurs fois), nous décidons de profiter des 35min d’attente qu’il nous reste pour s’acheter quelque chose à manger. Nous arpentons les rues environnantes pour trouver un restaurant qui vend des sandwichs à emporter et trouvons finalement notre salut au Subway (pas très typique mais bon…) avant de retourner en toute hâte vers l’embarcadère pour arriver pile-poil à 12:55. Pas encore de bateau en vue, on s’installe à une table pour commencer à manger. 13:10 toujours pas de bateau… ça commence à devenir inquiétant. Après avoir redemandé confirmation à la même hôtesse que toute à l’heure, il s’avère que notre bateau devait se prendre autre part (enfin, c’est ce qu’on a conclut au bout d’un moment). Mais on a tout de même eu le droit de prendre celui d’après, sans place assise garantie bien sur.




Enfin, 30 minutes fort agréables de trajet plus tard, on arrive à Peterhof. Le cadre près de l'eau est chouette, même si l'eau en elle même est plutôt crade. On suit un long canal avec en image de fond le Grand Palais et ses fontaines. Vraiment joli. Et les fontaines sont aussi nombreuses qu’impressionnantes pour la plupart, notamment la Grande Cascade et la fontaine principale qui représente un homme ouvrant la gueule d’un lion (allégorie de la victoire de la Russie sur la Pologne). Le Grand Palais n’est pas en reste et en jette pas mal aussi. Du doré partout, des moulures, des statues, des jardins à perte de vue. Une autre chose que l’on note aussi : comme les jours précédents, on va rôtir comme des côtelettes au soleil !



Premier défi après avoir admiré les fontaines : acheter des tickets pour visiter le Grand Palais. Raté ! On se retrouve avec des tickets pour le musée de la Grande Cascade. Le bon point : on a payé le tarif russe (oui, les tickets sont moins cher pour les Russes que pour les étrangers et ça peut varier du simple au double), mauvais point : on ne sait pas où est l’entrée. Après avoir vagabondé et demandé à plusieurs personnes, on trouve enfin. Une fois encore, il nous faut patienter en plein soleil. Au final ça valait le coup, on peut faire le tour complet de la Grande Cascade et même voir comment tout fonctionne. On a même le droit à un exemple de fontaine surprise qui se déclenche lorsque quelqu’un essaye d’attraper un fruit dans une corbeille. Les explications avaient l’air intéressantes… mais étaient entièrement en russe.



Du coup, la billetterie pour le Grand Palais est fermée pour le moment. C’est l’occasion de faire le tour des jardins. C’est grand, joli, avec encore plus de fontaines mais bizarrement assez peu entretenu. Les pelouses n’ont pas été tondues depuis longtemps et l’herbe est parfois un peu jaunâtre mais ça ne gâche en rien le spectacle.



Retour au Grand Palais, cette fois avec nos billets valides. Le temps d’enfiler des petits chaussons autour des chaussures pour ne pas salir/abîmer le sol et la visite de ce mini-Versailles commence. Là encore, la guide a l’air calé sur le sujet mais ne parle que russe. Des audioguides sont disponibles (même si ce n’est indiqué qu’à la fin) pour la bagatelle de 500 roubles alors que le ticket d’entrée en coûte 520 (soit 13€) mais l’intérieur est joli. Lily me dit que Versailles est mieux – pas de chance, je n’y suis jamais allé. Elle dit aussi qu'elle en a marre de piétiner pendant les interminables monologues de notre guide mais nous somme pris entre deux autres groupes et impossible d'échapper à la visite en règle (un classique russe, apparemment). 
Les pièces alternent entre les classiques grandes pièces à moulures presque vides et les pièces plus petites chargées de déco. Quelques pièces aux thèmes asiatiques sont particulièrement belles mais bien sûr, pas de commentaires dans celles-ci... et pas le droit aux photos !




Avec tout ça il est déjà 18:00 et, après un dernier petit tour dans les jardins histoire de se désaltérer et de grignoter un peu de pop-corn, nous retournons au bateau. À peine assis, le bateau démarre.




Une dernière marche pour rentrer à l’appart’ finit de nous achever. Et nous nous écroulons sur les chaises de la cuisine pour boire de l’eau fraîche et déguster un peu de saumon acheté au supermarché du coin.

Le programme de demain commence par se lever à une heure décente, ce qui - si on en croit les moustiques qui nous empêchent de dormir - est loin d’être gagné.

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Commenter 0 commentaires | Publié par Bruno edit post

Une chute historique
jour 2

Il n’y a pas à dire, en plus d’avoir une bonne tête, le lit est assez confortable pour nous offrir une bonne nuit de sommeil. Après un petit déjeuner pris avec une vigueur de marmotte, nous partons en direction de l’île à l’est du Delta, terminus d’une des lignes de métro, pour visiter un peu cette partie de la ville.



Le premier détour se fait par le cimetière : surprise, au lieu d’un classique cimetière, on tombe dans une vraie petite jungle, où les pierres tombales jouent à cache-cache avec les arbres et les fougères. Certaines semblent vieilles comme le monde, croix de pierre ou de fer rouillé décrépies, et d’autres au contraire sont d’immenses blocs de marbres aux visages des défunts joliment sculptés dans la pierre.



Le temps de traverser cette forêt et on retourne sous l’accablante chaleur estivale, traversant les artères à la recherche d’un peu d’ombre et d’un moyen de nous restaurer. On opte finalement pour un « fast food » local qui sert des blinis (crêpes) à toutes les sauces, et à l’aide d’un menu en anglais (argh mes connaissances de russe) nous commandons deux blinis fourrés – jambon champignons pour monsieur, poulet-fromage-bacon salade pour moi – et deux autres sucrés – cowberries et chocolat chaud – pour accompagner tout ça. Délicieux. Repus et reposés, nous repartons à l’assaut des interminables rues sous un soleil de plomb, ne nous arrêtant que brièvement chez un suspicieux disquaire vendant des greatest hits « maison », avant de rejoindre la rive de la Neva. Le soleil nous cuit littéralement jusqu’à l’arrivée au musée de zoologie, notre objectif premier.



A l’intérieur, un immense couloir rempli d’un nombre impressionnant de créatures empaillées ou prisonnières du formol. Tout le règne animal est présent, en passant par les tigres, les mammouths, les castors, les pingouins, les poissons, plus d’oiseaux que l’on arrive à en retenir, et même des choses plus étranges comme différents type de vers et parasites, parfois avec dessin ou photo de leur mode opératoire. Toutes les explications sont en russe mais les mises en scène suffisent à faire apprécier le spectacle. L’un des mammouths est le plus vieux jamais découvert. Il serait âgé de 45000 ans et serait mort en tombant en arrière dans un trou et en y restant coincé. Pas de chance :D



Après l’interlude animalier, petit tour au bout de l’île, où se trouvent deux « flèches » représentant des allégories des 4 grandes rivières de Russie. Sur la pelouse, les mariées se concurrencent pour avoir le meilleur spot à photos (au moins 4 en lice) et un peu plus loin, tout le monde est appuyé contre les coins d’ombre du parapet pour regarder la course de bateaux qui se déroule au milieu du delta. En prime de la course, une belle vue sur le palais d’hiver et la forteresse Pierre et Paul nous incite à nous asseoir également sur le muret pour nous reposer un peu. Puis départ à nouveau, direction le pont qui rejoint l’Ermitage.



Nono insiste pour prendre une photo en plein milieu de la place du palais, où il n’y a pas un brin d’ombre, et on s’inflige le détour avant de reprendre le boulevard Nievski, où se situe la station de métro la plus proche. Dans un magasin de souvenirs, nous trouvons une jolie poupée russe, ainsi qu’un livre que je cherchais (La voiture du paradis, de Mikhaïl Ouspenski) et que je vais sûrement bien lutter à lire, plus un lot de cartes postales design que je verrais bien aux murs de l’appart.



Avant d’arriver au métro, nous croisons la cathédrale Notre Dame de Kazan, sorte de réplique de monument romain en arc de cercle avec une centaine de colonnes. L’intérieur est clinquant, typique des édifices religieux russes, chargé en or et en icônes de tous poils. Icônes qu’une impressionnante foule de fidèles admire avec déférence, nous mettant presque mal à l’aise. Dehors, un mendiant flanqué de mignons lapins a le droit à notre petite monnaie ; ici, les SDF et invalides ne bénéficient presque d’aucune aide du gouvernement et il est normal de les gratifier de sa petite monnaie (1 rouble vaut 0,025€, je vous laisse imaginer la valeur de 10 kopeks).



Le trajet en métro est un bonheur pour nos petites jambes et un arrêt à la boulangerie (ça ne manque bien qu’à Helsinki…) pour un pain et deux tartelettes aux fraises plus tard, je m’écroule sur le lit pour une sieste bien méritée. Flanquée d’un mal de tête (la faute au manque de casquette ?), nous ressortons pour quelques courses à 21h (les magasins ferment aux environs de 23h), de quoi préparer un bon petit plat de pelmenis (raviolis à la viande) sibériens accompagnés d’adjika (sauce tomate pimentée) et crème fraîche.
Soirée glandouille à l’appartement pour conclure la journée en beauté, et demain… l’Ermitage ?
Et pour plus de photos, c'est toujours ici :
Saint Petersburg
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